Il y a des types, comme ça. Des types qu’on ne voit pas. Des types qu’on ne se
rappelle pas. Des types comme John.
John, c’est mon voisin. Âge indéterminé – entre trente et quarante ans peut-être. Couleur d’iris indéterminée. Quelque chose oscillant entre le gris et le bleu, pas assez intense pour qu’on puisse s’exclamer « au moins, il a de beaux yeux ! ». Cheveux d’un brun indéterminé.
Bref, aussi gentil, serviable, adorable, prévenant qu’il puisse être, John, c’est celui dont on ne se souvient qu’au moment où on a besoin d’aide pour changer un joint ou nourrir le chat pendant qu’on s’éclate en week-end dans les Hampton… Le type passe-partout, passe muraille, dont l’existence semble aussi terne que celle de son pull de laine grisâtre.
Il y a des filles, comme ça. Des filles blondes comme les blés. Des filles avec un corps de rêve. Des filles auxquelles on aimerait ressembler.
Des filles comme Cynthia.
Cynthia est galeriste. Le genre divorcée, exigeante, extravertie, libérée. Libérée au point de raconter à haute et intelligible voix, à dix heures au Starbuck’s, ses dernières prouesses sexuelles –dont je ne saurai rien narrer ici.
Il y a des occasions, comme ça. Des occasions comme aujourd’hui.
Cindy m’a raccompagnée chez moi. S’est agrippée à mon bras, écarlate, avant que nous n’entrions dans le hall de l’immeuble. « C’est luiiii ! » a-t-elle glapi d’une voix hystérique.
Alors j’ai compris. J’ai compris que John, mon brave John si fade, était la bête de sexe qui l’avait envoyée non pas une, non pas trois, mais cinq fois au septième ciel !
Décidément, on connaît bien mal ses voisins…
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Qu’est-ce qui pousse les gens à former des couples ? Parfois, c’est impossible à dire. C’est une petit quelque
chose. Un sourire échangé. Une envie partagée. Ou la peur de finir seul. Qu’est-ce qui pousse les gens à rompre ?
« Peut-être pas, mais il rend la vie plus facile, passé
vingt ans ! » a déclaré Lily, splendide Bimbo qui aurait tout d’une Californienne si elle n’habitait pas du côté de Chelsea ! Et de s’élancer hors du cabinet très cosy de chirurgie
esthétique où votre journaliste préférée menait sa petite enquête ! Passé vingt ans – ça fait peur d’entendre ça, mais cette blonde sirène n’a-t-elle pas un tout petit peu raison ?