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Mardi 14 août 2007
Born to be Bad.
Pas comme ces magnifiques rebelles au coeur tendre comme les Brando et les Dean. Ou... Comme l'inénarrable Sawyer de Lost. 
Pas même comme le très  peu fréquentable  M. "Bambi" Jackson, et son clip Bad.

Non. Plutôt bad comme Bad taste. Et pas n'importe quel Bad Taste, puisqu'il s'agit ici de vêtements.

J'ai une amie galleriste. Le profil type : divorcée, deux enfants, se remet doucement à la peinture et dépense sa pension en exposant des avant-gardistes plus ou moins compréhensibles mais forcément talentueux. Hier, au vernissage, je l'ai rencontré. Mister Bad Taste. Pardon. Master of Bad Taste. Ou Lord of... Bref. Imaginez l'horreur : riche à en crever. L'implant capillaire gominé, la peau bronzée juste ce qu'il faut... résultat d'heures d'entrainement aux UV ( très à la mode dans les années 80) et le défilé de marques. Le costume : Hugo Boss. Mais quand on ressemble plus à l'Alec Baldwin d'aujourd'hui qu'à celui d'hier, on évite le près du corps et le crème qui grossit. La chemise : rose. A fleurs. De chez Kenzo. Achetée XXL en dépit du bon sens, ce qui transfrome le chic dandy en vulgarité de surfeur. La ceinture : Dolce & Gabanna. La boucle dorée l'indique à qui doute de sa provenance. Les chaussures. Des santiags. Non, ce n'est pas une blague. Dissimulées sous le bas du pantalon, mais impossible de ne pas le savoir...
Et le top du top. Le summum du summum du mauvais goût : l'achat d'une toile. Non parce qu'elle lui plaisait. Apparememnt, et il l'avait clamé suffisamment fort, il ne comprenait rien à ces trucs modernes (mais je doute qu'il comprenne quelque chose à l'art classique de toutes façons). mais parce que c'était la plus chère.

Born to be Bad.
Il y a des types, comme ça... il faudrait les encadrer.


Par fablyrr
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Mercredi 27 juin 2007
Laura est une fille bien sous tous rapports. Une éducation sans faille, un goût vestimentaire classique mais sûr - autrement dit ni has been ni vulgaire (je ne vous ai jamais parlé du cauchemar du "total look" ?) - et des fréquentations ad hoc. Ses brushings cuivré sont toujours impeccables et jamais son msacra ne coule... Un cauchemar ambulant pour toutes les pauvres newyorkaises (dont je fais partie)  incapables d'atteindre ce degré de perfection. Heureusement pour les pauvres créatures imparfaites que nous sommes, Laura a un énorme problème. Un problème au poil gris et soyeux, aux yeux d'un vert sinople... Un probleme nommé Angel. Angel est un angora pur race. Et si sa maîtresse est parfaite, lui, est perfectionniste. Aucun homme n'a jamais, jamais trouvé grâce à ses yeux...
Selon ses critères, aucun humain ne sera jamais assez bien pour Laura.
Laura écoute toujours ce que lui miaule Angel... Et jusqu'à présent, à chaque fois qu'il a grondé "c'est l'humain ou moi", elle a choisi Angel...
Par fablyrr
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Mardi 5 juin 2007

Quand vous êtes célibataire, trentenaire et new-yorkaise, trois éléments sont indispensables à votre quotidien : un ami gay et malheureux en amour pour ne pas se retrouver seule dans les soirées, une esthéticienne positive, capable de rassurer la pauvre petite chose nombriliste que vous êtes, un banquier à même de supporter votre boulimie de shopping et vos jérémiades sans broncher.

 
 

Si un seul de ces trois éléments vous manque… Vous êtes soit en passe de vous marier, soit en passe de faire une grosse, grosse déprime.

 

La preuve ? Depuis que May, l’esthéticienne – pardon, l’Esthéticienne – de Chelsea, la seule, l’unique, a plaqué NY pour s’envoler vers d’autres cieux et le portefeuille généreux d’une Bimbo hollywoodienne dont je tairai le nom, rien ne va plus pour Ellen. D’abord sont apparues les cernes. Puis les ridules. Puis les rides – et les premiers signes de panique, de dépression se sont manifestés. Conséquence logique, elle s’est laissée tenter par un affreux top fuschia et hors de prix pour se remonter le moral. Résultat, un teint de guimauve moisie. Et un rendez-vous chez le banquier « non, miss D ; cette fois je ne peux rien pour vous », qui s’est soldé par une crise de larmes annonciatrice du pire.

 

Car, maintenant que le compte d’Ellen est bloqué, comment va-t-elle faire pour payer l’analyste qui l’aidera à remonter la pente ?

 

Quand vous êtes célibataire, trentenaire et new-yorkaise, trois éléments sont indispensables à votre quotidien. Sinon, c’est le début de la fin.

Par fablyrr
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Mercredi 30 mai 2007

Executive-woman-stressee.jpg Connaissez-vous le SSD ?

En décodé : Super Speed Dating. Très en vogue à NYC.

Très tendance… la différence avec le SD ? Avec le SD, vous avez sept minutes pour parler, tester, séduire. Avec le SSD, vous avez deux minutes. Les yeux dans les yeux. Pour arriver au même résultat.

Au bout du compte ? Votre servante a essayé par amie interposée. Jill. Avocate. Pur produit de céli-battante new-yorkaise : un CV épais comme le bottin, quatre téléphones portables et deux palms, trois divorces. Et des chaussures italiennes commandées chaque saison par sa secrétaire.

Un peu inquiète de voir son célibat s’éterniser, Jill a réussi à caser ce SSD entre deux plaidoiries. Bonne fille, je l’ai accompagnée jusqu’au bar design, sobrement éclairé, où déjà rôdaient golden boys en goguette et trentenaires désespérées. Après une pression discrète sur l’épaule, je l’ai laissée s’ébattre dans l’arène, préférant attendre le résultat des affrontements dans un café à côté.

Je la vois ressortir, fringante, épanouie. Elle l’a rencontré. Enfin. Elle en est sûre. L’homme de sa vie ! Elle sourit, rêveuse… Entre ses incisives blanches, un brin de persil.

Il ne l’a jamais appelée.

Par fablyrr
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Mercredi 23 mai 2007

Il y a des types, comme ça. Des types qu’on ne voit pas. Des types qu’on ne se rappelle pas. Des types comme John.

John, c’est mon voisin. Âge indéterminé – entre trente et quarante ans peut-être. Couleur d’iris indéterminée. Quelque chose oscillant entre le gris et le bleu, pas assez intense pour qu’on puisse s’exclamer « au moins, il a de beaux yeux ! ». Cheveux d’un brun indéterminé.

Bref, aussi gentil, serviable, adorable, prévenant qu’il puisse être, John, c’est celui dont on ne se souvient qu’au moment où on a besoin d’aide pour changer un joint ou nourrir le chat pendant qu’on s’éclate en week-end dans les Hampton… Le type passe-partout, passe muraille, dont l’existence semble aussi terne que celle de son pull de laine grisâtre.

Il y a des filles, comme ça. Des filles blondes comme les blés. Des filles avec un corps de rêve. Des filles auxquelles on aimerait ressembler.

Des filles comme Cynthia.

Cynthia est galeriste. Le genre divorcée, exigeante, extravertie, libérée. Libérée au point de raconter à haute et intelligible voix, à dix heures au Starbuck’s, ses dernières prouesses sexuelles –dont je ne saurai rien narrer ici.

Il y a des occasions, comme ça. Des occasions comme aujourd’hui.

Cindy m’a raccompagnée chez moi. S’est agrippée à mon bras, écarlate, avant que nous n’entrions dans le hall de l’immeuble. « C’est luiiii ! » a-t-elle glapi d’une voix hystérique.

Alors j’ai compris. J’ai compris que John, mon brave John si fade, était la bête de sexe qui l’avait envoyée non pas une, non pas trois, mais cinq fois au septième ciel !

Décidément, on connaît bien mal ses voisins…

Par Charlotte Bousquet
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Lundi 21 mai 2007

Restaurateur---tendance---gay.jpg Qu’est-ce qui pousse les gens à former des couples ? Parfois, c’est impossible à dire. C’est une petit quelque chose. Un sourire échangé. Une envie partagée. Ou la peur de finir seul. Qu’est-ce qui pousse les gens à rompre ?

Parfois, c’est tout aussi flou.

De petits rien en petits rien, on en arrive à passer de moins en moins de temps ensemble, à ne plus parler, à ne plus faire l’amour, à ne plus fréquenter les mêmes cercles – ou, pire, à ne plus se supporter.

Parfois, c’est bien plus simple.

Et bien plus désopilant.

Keith est le genre de type qu’on voudrait toutes pour coach perso à défaut de l’avoir pour boy-friend, puisqu’il est gay jusqu’au bout de sa manucure. Il est beau, il sent bon, il est drôle, toujours à propos et porte Hugo Boss comme personne. Bref, c’est un esthète perfectionniste et exigeant, envers lui-même et envers les autres. Le motif de sa dernière rupture ? Quand il a découvert que sa dernière conquête confondait CKO et YKB !

 

NB : CK One, parfum de Calvin Klein et YKB, le Bleu créé par l’artiste Yves Klein.

Par Charlotte Bousquet
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Jeudi 17 mai 2007
Bimbo-pulpeuseweb.jpg

C’est ce que se demande encore mon amie Slim, qui sans Botox ni intox arrive à cultiver une peau diaphane, un regard lumineux, des courbes à tomber par terre… Et un esprit percutant ! Invitée l’autre soir du côté de l’Upper East Side, elle assiste à l’interprétation plutôt passable d’une sonate de Beethoven. Slim étant à la fois mélomane et courtoise, elle préfère se retirer dans une pièce à côté plutôt qu’infliger à l’assemblée une moue désapprobatrice et des soupirs exaspérés. Sa discrétion, malheureusement, a été fort peu appréciée par l’interprète, un compositeur obscur dont personne – de Manhattan à Staten Island – n’a jamais entendu parler… A peine sa démonstration de médiocrité achevée, le pianiste se précipite dans le petit salon et d’une voix frisant l’hystérie, lui demande des explications. Slim, toujours heureuse de pouvoir faire plaisir aux gens, lui donne ce qu’il veut. Et l’importun, aussitôt, de se lancer dans une démonstration de mauvaise foi à côté de laquelle les raquettes défectueuses et les mal de genou de nos tennismen préférés font pâle figure … Piano désaccordé, pédale cassée, trop chaud, trop froid – et apothéose de la mauvaise foi : « Beethoven a certainement fait une erreur... Je n’aurai pas mis cette croche là, moi. C’est ça qui m’a troublé. »

Ce qui me trouble, moi, c’est que Slim ait accepté son invitation à dîner.

Par Charlotte Bousquet
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Lundi 14 mai 2007

shopping.png « Peut-être pas, mais il rend la vie plus facile, passé vingt ans ! » a déclaré Lily, splendide Bimbo qui aurait tout d’une Californienne si elle n’habitait pas du côté de Chelsea ! Et de s’élancer hors du cabinet très cosy de chirurgie esthétique où votre journaliste préférée menait sa petite enquête ! Passé vingt ans – ça fait peur d’entendre ça, mais cette blonde sirène n’a-t-elle pas un tout petit peu raison ?

De vous à moi, je m’interroge depuis son départ sur la pertinence de son propos…

Le potentiel de séduction d’une femme baisse-t-il vraiment passé le difficile cap de la post-puberté ? Les phrases du genre « il n’y a pas que l’apparence qui compte » ne sont-elles pas, en vérité, de gros mensonges destinés à maintenir la majorité de la gent féminine dans l’illusion qu’elle trouvera un jour chaussure à son pied ? Et à propos de chaussures, entre une paire de Manolo Blahnik et des tongs artisanales, ne mentons pas – nous prenons Manolo ! Alors pourquoi en irait-il autrement dans le choix des partenaires ?

Je me demande si je ne vais pas prendre rendez-vous avec Mister Botox, là maintenant tout de suite, moi…

Par Charlotte Bousquet
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